Le petit motté de bois, 2009
mars 25, 2010
J’ai été inspirée par la série de personnages en bronze d’Alfred Laliberté représentant des métiers, habitudes ou légendes illustrant la vie rurale de l’époque. J’adore. J’ai décidé de créer ma propre série de petits personnages, mais à la sauce contemporaine. J’ai choisi un type de personnage que je trouve particulièrement inspirant, ceux que l’on a pas l’habitude de mettre en valeur mais qui dressent tout de même un portrait de notre population. J’illustre l’intimité de ces gentrifiés, qui n’existent souvent que dans les statistiques. Clémence Desrochers termine un texte pour une chanson par «je ne suis pas sujet à chansons…» Cette phrase me trotte souvent dans la tête pendant que je sculpte mes sympathiques peu gracieux. Un bon moyen pour moi de purger mon arbre généalogique peuplé d’honteux personnages.
Voici le premier échantillon, le petit motté de bois, inspiré d’un personnage dont je tairai l’identité mais qui est, disons, parenté avec son auteure. J’aime beaucoup ce personnage, qui pourrait être en train d’arroser son asphalte, chaussé de crocs, pour faire moderne. Voilà, interprétez comme vous voulez ce nœud qui lui tord le dos, ou profitez simplement de son esthétique.
Inventez vous même l’histoire de cet échantillon du peuple. Pour ma part, je m’intéresse à représenter en art ce qui est habituellement caché, chassé des beaux quartiers pour mettre en lumière leur existence banale.
voici quelques adresses pour trouver les bronzes:
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/20961.html
http://agora.virtualmuseum.ca/edu/ViewLoitCollection.do?method=preview&lang=FR&id=3
http://www.artnet.fr/artists/lotdetailpage.aspx?lot_id=7732BCDBDB412DECB72F1136FBCAE9E6
Atteindre sa tétine, 2009
février 25, 2010
Voici la dernière toile de cette série de portraits. Un titre épais, mais une toile réalisée avec sérieux. Une improvisation picturale qui a donné, sans être prévu, cet hippocampe qui semble chercher à… atteindre sa tétine avec sa langue. Ce n’est pas de ma faute, je n’ai qu’aidé un peu cette image à exister.
Je publierai dans les prochaines semaines mes nouvelles sculptures, j’ai bien hâte… En création, ces temps-ci, je travaille une série de dessins de portraits de malheureux au pastel sec. Un médium calme qui sied bien à ma position actuelle de pré parturiente. À venir…
Atteindre sa tétine, 2009, acrylique sur toile, 22×28 pouces
Soleil gris, 2009
janvier 28, 2010
Mameline I, 2009
janvier 20, 2010
Voici encore une toile de l’été 2009. Elle s’inscrit dans la lignée des oeuvres qui expriment ma féminité, que voulez-vous, c’est présent, chimique, hormonal. J’ai été inspiré par les femmes fortes, voir un peu baveuses. J’ai transcrit cette énergie par le biais de cette créature qui exhibe fièrement sa poitrine en guise de provocation. Cette mameline ressemble à une chèvre, forte et fière, liée aussi au féminin. Ce tableau a été long à faire, chaque pouce a été remis en question, ce qui est particulier puisque d’habitude je privilégie plus l’expression. Fait intéressant: c’est la toile qui accroche le plus mes amis intellos, qui la regardent très longtemps, avec un regard intello. Mais que leur dicte donc la mamelle?
Rococo guedaille, 2009
janvier 6, 2010
Après un long congé des fêtes peuplé de fêtes et d’ennuis familiaux, me voici de retour. J’ai hâte d’avoir fini de publier cette série car j’ai de nouvelles sculptures qui m’enthousiament beaucoup. Je respecterai tout de même les lois immuables de la chronologie.
Voici un autre tableau peint cet été, dans la série de la galerie de portraits dévoilés ces temps-ci. Elle a été nommée en l’honneur d’une improvisation de Jean-Sébastien Grondin où il dansait en chantant «rococo guedaille, rococo guedaille…», une image forte… Aussi, c’est une appellation qui m’est venue en tête dès que j’ai terminé de peindre le portrait de cette femme à l’air louche.
La lassitude, 2009
novembre 19, 2009
Voici une autre toile créee cette été. Cette vieille dame blasée parle d’elle-même. À chacun d’y lire son histoire. Moi, il me vient des pistes, que j’ai décidé volontairement de garder pour moi parce qu’au début, j’avais des idées de titres plus évoquateurs. En la faisant, elle me faisait penser à une dame qui écoutait trop la télé. C’est peut-être ce que nous aurions l’air après 20 ans de TQS… L’horreur. Ou elle a l’air de sortir de la douche. Tout dépend aussi de ce que vous pensez qu’il se passe en arrière plan.
La princesse beaudroie, 2009
novembre 12, 2009
Voici une autre toile de la série de portraits style ancien à saveur contemporaine. C’est une princesse beaudroie, poisson à grosses babines arborant une laideur émouvante. Son look est inspiré par celui d’Élizabeth première.
Pardonnez-moi pour la moins bonne qualité de l’image, la photo était difficile à prendre puisque la toile est mal vernie. Notez que toutes les toiles de cette série mesurent 22×28 pouces.
En ce moment, je travaille à une installation que je proposerai à un centre d’artiste montréalais. Au menu: l’hypersexualisation de la sculpture, sculpture en string et jarretelles. Je vous tiens au courant, espérons que j’aurai le bonheur d’aller embrasser la vitrine de la galerie ornée de rouge à lèvres…
Le roi maquillé, 22×28 pouces, 2009
octobre 29, 2009
Cette toiles et celles qui vont suivre font partie d’une série de portraits qui accompagnent la barbotte Rembrandt. Ce sont les toiles que j’ai faites cette année, la plupart cet été. On y trouve des hybrides entre l’homme et le monstre ou l’animal ou des animaux ayant des attributs humains.
Dans le cas du roi maquillé, un peu comme la barbotte, c’est un poisson chic. Celui-ci a l’air timide, n’assumant pas son rôle de sujet à peinture. Il est si vulnérable.

La barbotte Rembrandt
octobre 23, 2009
Voici une toile très importante pour moi puisqu’elle constitue le point de départ de ma nouvelle production. Elle est plus figurative que les oeuvres à venir mais il y a une grande concordance au niveau de la thématique. C’est une petite créature très mal à l’aise dans ses beaux habits. Elle traite des rôles que nous devons jouer dans notre vie sans les assumer entièrement. Par exemple, avoir l’air sérieux à un banquet parmi les gens sérieux à qui nous devons cacher toutes les imbécilités qui nous viennent en tête. Un ami nouvellement fonctionnaire au gouvernement me confiait qu’à tout moment, il a peur que ses collègues le pointent en criant: ceci n’est pas un professionnel, c’est un poulet en veston cravate! Vous voyez? C’est dans le ton.
Cette toile est inspirée des autoportraits de Rembrandt, que j’adore. Je l’ai peinte dans mon atelier pendant que, dans ma cuisine, des philosophes s’entretenaient de phénoménologie. Ça me faisait penser un peu aux ateliers de jadis avec des réunions de peintres, d’auteurs et de poètes. Ça m’a beaucoup plu et inspirée.

Et voici une confidence en passant. De tous mes personnages, c’est la barbotte Rembrandt qui me ressemble le plus, dans ce que j’ai de plus instable. La peindre m’a fait du bien et elle est aujourd’hui un symbole qui m’accompagne dans ma démarche (et dans les banquets…) Vous le savez, maintenant, je ne suis qu’un poulet orné de dentelles.
La chèvre Rembrandt, 2006
octobre 2, 2009
Voici un dyptique haut relief, fait de dentelle, fourure, riz et gants de vaisselle. C’est la première oeuvre que je présente sur ce blog issue de ma nouvelle production, post université. C’est la première oeuvre pour laquelle j’ai utilisé les doigts de gants de vaisselle, matériau qui se retrouve maintenant dans presque toutes mes oeuvres 3D. Je n’ai pas d’anecdote palpitante sur cette oeuvre, mis à part qu’elle annonce bien la lancée sur laquelle je suis depuis quelques années: un univers très féminin, des animaux déguisés et des doigts jaunes. Et, nouveauté, la présence de la figuration.

En passant, merci d’être si fidèles et de revenir voir mon travail. Je suis étonnée et touchée du nombre de visiteurs. Au plaisir.
virtuellement vôtre,
Audrey Larouche









